La pratique numérique : « Big Data » devient « Smart Data

Publié le : 23 mars 20216 mins de lecture

La numérisation est le grand mot avec lequel la médecine doit être rendue durable au 21e siècle. Cependant, pour les cabinets privés, cela reste souvent un rêve d’avenir. Les médecins préfèrent s’appuyer sur des méthodes éprouvées comme le fax et les logiciels d’entraînement. Cela ne répond pas aux souhaits des patients, comme le montre une récente enquête de l’apoBank.

La majorité des patients souhaitent une communication numérique avec leur médecin, mais la majorité des cabinets ne sont pas (encore) préparés à cela. La numérisation est toujours un rêve d’avenir pour les cabinets privés. Les médecins préfèrent s’appuyer sur des solutions éprouvées comme le fax et les logiciels d’entraînement. Cela ne correspond pas aux souhaits des patients, comme le montre une récente enquête de l’apoBank.

De plus : dans un projet pilote à la Charité à Berlin, une intelligence artificielle (IA) « conquiert » le laboratoire de référence. Si un patient se sent mal ces jours-ci, il va chez le médecin. Le médecin l’examine, établit un diagnostic et l’oriente ensuite vers la pharmacie ou vers un collègue spécialiste ou un hôpital.

Dans un avenir pas trop lointain, le même scénario devrait se présenter comme suit : Le patient surveille constamment son état de santé. En cas d’anomalie, il cherchera lui-même l’information ou consultera une consultation numérique. Si nécessaire, le patient du futur recevra alors un traitement numérique en étant orienté vers une pharmacie ou un médecin ambulatoire. La pharmacie utilisera un service de messagerie par drone pour livrer les médicaments nécessaires dans les plus brefs délais. Le médecin oriente à son tour le patient vers un spécialiste, l’hôpital ou également vers la pharmacie. La numérisation est destinée à servir de médiateur et en même temps d’élément de liaison entre le médecin et le patient.

Plus d’un patient sur deux veut de la médecine numérique

Mais un tel scénario d’avenir est-il même souhaitable ? L’apoBank a récemment étudié cette question et a commandé une enquête Statista à laquelle ont participé 1 000 personnes de plus de 18 ans. Selon l’enquête, plus de 60 participants souhaitaient une communication numérique avec leurs médecins respectifs. Un bon deux tiers (68 %) dépend des terminaux mobiles. Selon l’enquête, les trois premiers souhaits des patients étaient les rendez-vous en ligne, les heures de consultation par e-mail et par vidéo. En outre, 62 d’entre eux sont favorables au dossier électronique du patient et accepteraient même de transmettre leurs données à d’autres médecins.

L’enquête a également brossé un très bon tableau des patients ayant une affinité numérique particulièrement élevée. À quoi ressemble-t-il dans la vie de tous les jours ? Il est de sexe masculin, jeune et vit dans la grande ville. Il est intéressant de noter que, pour une fois, ce ne sont pas les jeunes femmes qui sont en tête du peloton ici, qui sont généralement considérées comme beaucoup plus soucieuses de leur santé. Les conséquences potentielles de la numérisation ont généralement été considérées par les personnes interrogées comme plus positives pour leur vie, leur santé et leur traitement.

D’autre part, les médecins sont encore très réticents à parler de « pratique numérique ». Bien qu’ils utilisent des programmes statiquement utiles pour la gestion de la pratique, l’interface numérique avec le patient est complètement absente. Les médecins ne comprennent pas encore suffisamment la numérisation comme un domaine d’action propre sur lequel il faut travailler activement. Mais c’est tout aussi vrai : les médecins utilisent la technologie quand elle leur est utile.

Avec l’IA contre le SARM

Par exemple, l’utilisation d’une IA dans un environnement de laboratoire est utile lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des évaluations de routine d’échantillons microbiologiques. La société Labor Berlin-Charité Vivantes GmbH mène actuellement un projet pilote dans ce domaine. L’objectif est d’obtenir, par exemple, des résultats rapides et de qualité dans le cas de germes multirésistants.

Le diagnostic microbiologique est basé sur des données essentiellement alphanumériques, qui peuvent être exprimées par « 0 » ou « 1 ». Il y a un constat ou pas de constat. Cela permet de distinguer les échantillons sans ambiguïté et de former davantage une IA à l’aide de plusieurs millions de passages.

Le laboratoire de microbiologie de la Charité, qui travaille régulièrement, produit environ 20 000 résultats par jour. Cela correspond à environ 16 heures de travail, pour lesquelles le laboratoire devrait employer 2,4 microbiologistes à temps plein. Cependant, seules 3 des 20 000 découvertes par jour sont remarquables. Ici, une dépense de personnel élevée est mise en contraste avec un faible taux de constatations positives. Il est donc impossible pour les microbiologistes de s’occuper d’autres tâches, telles que le conseil en matière d’antibiotiques et la gestion des antibiotiques, et de former le personnel clinique à ces questions.

L’IA pourrait aider à l’avenir à sélectionner des échantillons microbiologiques et à effectuer une présélection. Le spécialiste ou le microbiologiste n’aurait alors plus qu’à examiner les 3vérifier s’il y a des constatations inhabituelles. L’IA ne remplacera donc nullement le médecin, mais elle peut lui faire gagner du temps, faciliter son travail et contribuer à réduire les coûts.

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